Au début il y avait Gaïa, la terre, le métal, le roc et les autres substrats solides. Il cohabitait avec Aeirie, l'air, le vent et tous les gaz de l'univers. Finalement, Hyomel était l'eau, était les liquides. Ils ont toujours existés et sont toujours vivant au moment même où l'on se parle.

Une saine harmonie régnait entre les trois, pouvaient en témoigner les états intermédiaires tel le mercure et la lave, métaux liquides, tel les nuages et les geysers pour les gaz liquides. En fait, Hyomel formait le pont entre Gaïa et Aeirie et aucune décision quand à la création ou la destruction d'entités générées par ce trio ne se faisait sans un accord complet entre ces trois puissances.

Une si grande concentration de pouvoir et un potentiel créatif de cette nature ne pouvait qu'engendrer ce que nous appellerons l'origine. L'origine, ce fut la création des espèces végétales. Bien simple à ses débuts, l'unicellulaire appris rapidement à se reproduire et se multiplier . C'était la première ère d'Ennorath tel que nous la concevons aujourd'hui. Nos trois larrons s'ambitionnèrent rapidement et créèrent des végétaux beaucoup plus complexes. Ils eurent même le génie d'introduire un élément aléatoire, la reproduction sexuée qui permettait à la plante d'ajouter son propre grain de sel et d'améliorer ainsi la création originale. Ce processus, beaucoup plus long, permettait ainsi a certain végétaux de se munir d'un avantage génétiqe lui octroyant ainsi une place dominante sur Gaïa, qui servait évidemment de support à toute l'opération. Ce fut le chaos.

En voulant créer la beauté et l'harmonie, ils avaient créés des êtres vivants dotés d'une volonté propre et, à leur grande suprise, dénués de tout sens commun et d'altruisme. Le seul but visé : la domination d'Ennorath. Gaïa, Hyomel et Aeirie ont tant bien que mal tenté de mettre un frein aux aspirations de tous et chacun en multipliant quasi à l'infini les variétés de végétaux mais peine perdue. Plus ils tentaient de corriger le tir, plus le désordre semblait grand. Puis las de ce combat sans fin, ils se désintéressèrent du règne végétal se disant qu'il s'autodétruirait de toute façon et retombèrent dans un état contemplatif.

Après un millier de nos années, nos trois entités se rendirent comptes qu'un équilibre s'était établi sur Gaïa et, contrairement à ce qu'ils avaient imaginés, un merveilleux jardins s'offrait à leur yeux. Un équilibre, précaire, mais un équilibre tout de même, s'était imposé et chaque espèce végétale avait pris sa place au soleil. Il y avait bien eu quelques victimes de la grande quête de la vie mais gobalement, la presque totalité des espèces initiales avait réussie à se tailler un petit coin de pays et proliférait selon sa propre génétique. Le règne végétal, sans balise particulière, avait établi des règles strictes et seul les organismes les mieux adaptés avaient survécus. Nos trois amis auraient pu se contenter de cette réussite, ils auraient dû apprendre de leurs erreurs. Mais il existe une force en chacun de nous qui nous pousse à créer et à tenter d'embellir ou d'améliorer notre environnement. Ainsi débuta la seconde ère d'Ennorath.

Gaïa croyait que le chaos avait perduré par le manque de mobilité des végétaux. Ils auraient ainsi occupés l'espace de façon beaucoup plus efficace et rapide s'ils s'étaient vus octroyer un moyen de locomotion. C'est ainsi que le règne animal fut créé. Gaïa s'occupa de la surface, Aeirie des espèces volantes et Hyomel de tout ce qui bougeait dans l'eau. Notez que c'était la première fois que nos trois grands se séparaient une tâche. Au lieu de faire un collectif, ils se forgèrent, dans un esprit d'économie de temps, une idée de ce que les deux autres pouvaient bien se faire de cette nouvelle création. Mal leur en pris. Ce précédent allait engendrer une émotion qui leur était étrangère, nouvelle, qu'ils ne pouvaient nommer. L'envie. Chacun tenta d'impressionner les autres par leurs créations plus originales les unes que les autres. L'envie les poussa même à envahir le champ de création de leur collègue. Hyomel inventa les poissons volant et les batraciens, Aeirie se fixa au sol avec les autruches, les poules, les kiwis et occupa la mer avec les pingouins. Gaïa, pas en reste, engendra les chauves-souris, les écureuils volants et les cétacés. C'est à qui rivaliserait d'ingéniosité pour parraître meilleur que son voisin. Ce fut la grande discorde.

La friction qui s'installa entre nos trois puissances devint de plus en plus intense. Des changements dans l'environnement, subtiles au début, s'affirmaient et auraient dû sonner l'alarme. Les volcans s'embrasaient pour un rien, des ouragans éclataient sans raison, des tsunamis gifflaient les côtes et érodaient les montagnes. L'envie s'était changée en colère. Et la colère engendre la colère. Et la colère engendre la violence. Les esprits s'échauffèrent et une guerre ouverte fut déclarée. Étrange guerre d'ailleurs qui n'avait aucun but à prime abord et qui relevait plus de la bataille de rue mais personne ne pouvait intervenir pour faire cesser les hostilités. Un phénomène particulier se produisit alors. Un mouvement rotatoire s'était installé et allait en accélérant au fur et à mesure que l'énergie, produite par la bataille qui faisait rage, se déployait. Gaïa, Aeirie et Hyomel se mirent à tourbillonner à une vitesse folle bien au delà de ce que l'oeil humain peut distinguer. Et quand ils perçurent le danger, il était trop tard.

La force centrifuge créée par la bataille de nos trois titans avait atteint un point de non retour. Ils allaient être disloqués dans les secondes à venir et à cet instant, une pensée pour leur création mis en péril par leur altercation se cristalisa dans leurs esprits. Dans un acte d'amour inconditionnel pour leur progéniture, les trois entités injectèrent une parcelle de leur âme dans un espace concentré à la surface de Gaïa puis tout explosa. Dans un feu d'artifice céleste, un observateur aurait pu assister au grandiose spectacle de la création des étoiles, des systèmes planétaires, des galaxies.

Ennorath fut donc créé dans un acte de violence, par amour. Cela allait teinter à tout jamais sa personnalité et ainsi débuta de la troisième ère d'Ennorath, fille de Gaïa, Aeirie et Hyomel.